Transmission chez les Innus

Eddy Malenfant

Transmission chez les Innus

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Eddy Malenfant est fier de ses métissages, comme d’autres sont fiers de leurs médailles.
« Je suis malécito-québéco-innu, j’ai pas de misère avec le mélange, bien au contraire », annonce-t-il avec emphase au journaliste venu l’interviewer dans sa maison près de Sept-Îles, sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent, au Québec.
Un endroit où celui qui se passionne pour les nouvelles technologies n’a pas forcément un accès facile aux flux numériques. Mais peut vite gagner le bois pour tourner, « pas de misère avec ça », reprend-il dans un sourire lumineux !

Très tôt, Eddy et ses compères, Zacharie Bellefleur, Evelyne St-Onge et Céline Bellefleur, ont fait le pari de faire connaître et transmettre la culture innue par le biais de la vidéo. Quoi de plus normal pour toucher des gens plus familiers avec la tradition orale qu’avec l’écrit ?
Dès 1987, ils inventent les productions Manitu, la première maison de production vidéo autochtone au Québec. Depuis vingt-sept ans, ils ont produit plus de 50 documents pour la télévision. C’est notamment le réseau autochtone de APTN (Aboriginal People Television Network) qui a leur fourni subsides et fenêtres de diffusion. Un réel soutien.
En 2006, ils mettent en ligne le site Web Innu Aitun, qui présente la nation innue, son histoire, ses territoires, ses connaissances traditionnelles… Puis en 2007, ce sera l’invention de l’innugraphe, qui utilise la technologie iTunes et iPod d’Apple. Au pays des raquettes et des feux à allumer sous la pluie, les nouvelles technologies ont toute leur place et peuvent avec bonheur se conjuguer avec le nomadisme. L’innugraphe rassemble aujourd’hui plus de 300 clips vidéo, de courte durée, 6 à 7 minutes. Ils sont indexés par thèmes et chacun peut tracer sa piste, spiritualité, mythes et croyances… Eddy lui-même a longtemps ignoré faire partie de ces nations : « On n’en parlait pas, à la maison », avoue-t-il avec humilité et douceur.
En 2011, c’est une nouvelle étape de franchie avec le musée virtuel Nametau innu. La page d’accueil est limpide : « Ce site se veut une réponse à la méconnaissance généralisée quant à la réalité, au patrimoine et à la culture vivante des Innus : méconnaissance malheureuse du peuple québécois dont les traces de métissage sont pourtant évidentes, méconnaissance compréhensible des peuples autochtones et allochtones aux prises avec leurs propres défis, méconnaissance cruelle de nombreux Innus en quête de leur identité. »
On pourra ainsi naviguer, de la première leçon, qui permet de comprendre le rapport à la mort quand on pêche ou chasse, à celle de la sociologie du caribou, en passant par la chasse aux outardes, ou des leçons fort étayées sur la mythologie innue.
Depuis, Eddy travaille à la réalisation de « livrels », des livres numériques qu’il imagine parfaitement croiser avec les connaissances ancestrales des anciens. « De ceux qui ont échappé au pensionnat-lavage de cerveaux », s’amuse Eddy, qui n’a vraiment pas dit son dernier mot, ni perdu le désir de filmer, au fond des bois, son Nitassinan. Pour un réel partage.
Eddy au destin singulier, lui qui étudiait économie et administration à l’université Laval de Québec. Eddy plusieurs fois métissé, Eddy qui, enfant, se rangeait aux côtés des Indiens alors qu’il regardait un bon vieux western… sans savoir.
Eddy, fier chasseur de savoirs.

Une visite virtuelle s’impose ! http://www.nametauinnu.ca/

Les autres films d’Eddy et de ses compères, de production Manitu : http://www.productionmanitu.com/

Une interview d’Eddy, à domicile : http://www.dailymotion.com/video/x17ux8_amerindiens-et-medias-citoyens_travel

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Présentation du légendaire chef Kayapo, Raoni, en visite chez les Innus de la Basse-Côte-Nord du Québec en août 2001. Celui-ci pose un regard critique sur les rapports avec les gouvernements aussi bien du Brésil que du Canada.

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