Coup de coeur

Un hiver à Istanbul


L’hiver s’installe et c’est l’occasion de revoir le film documentaire de Françoise Bouard et Régis BlanchardUn hiver à Istanbul, tourné en 2009. En Turquie, les purges et les grèves de la faim se suivent et ne se ressemblent pas. Presque aussi sûrement que le printemps arrive après l’hiver, le cycle de la violence politique semble n’avoir d’issue.

« Il suffit que tu sois un opposant au régime pour que tu en sois victime » : voilà ce que racontaient, il y a 17 ans, les journalistes, les militants des Droits de l’Homme et de la démocratie, devant la caméra des réalisateurs. Pour lutter contre l’oppression, l’injustice et les nouvelles prisons de type F, ils font une grève de la faim : le jeûne de la mort. Dehors, la famille, les amiEs et les militantEs se battent pour eux, pour informer, dénoncer. Un documentaire lucide qui fait douloureusement écho à l’actualité. Sur bed.bzh, retrouvez la mémoire du festival sur la 39ème édition consacrée aux Turquies

La rivière-frontière


bed.bzh, on aime faire partager les pépites qui nous racontent des endroits du monde perchés dans l’oubli, et dont les noms nous invitent à la découverte … C’est le cas du documentaire A travers la rivière Piandj, de Suzy Blondin. Un film de fin d’études réalisé à l’hiver 2015, et qui explore les enjeux de cette frontière naturelle entre Afghanistan et Tadjikistan.

Une région autrefois carrefour de la route de la soie, au centre du commerce, mais aussi des conflits. À Ichkachim, dans les montagnes du Pamir, la réalisatrice nous embarque dans le quotidien d’un village qui s’adapte tant bien que mal aux soubresauts de la grande Histoire qui malmène la vallée, aux changements climatiques et aux défis de la modernité. Une plongée dans les paysages froids et la chaleur des foyers, une découverte étonnée des coutumes et des traditions … Une ambiance que l’on quitte à regrets, un documentaire qui nous éclaire sur les enjeux d’une frontière méconnue. 

Le chemin de la liberté


Le chemin de la liberté : un documentaire édifiant sur la révolution syrienne expliquée par des militants de la première heure. Des images, et leurs visages qui racontent le début, l’espoir. Les peurs, les attaques, les désillusions … Prendre le temps du témoignage et de la rencontre avec cette jeunesse syrienne pour mieux comprendre les enjeux actuels.

Trois jeunes militants racontent, expliquent et décortiquent les événements de la révolution syrienne et son glissement vers la guerre. Livrent leurs espérances et leurs angoisses, leurs désillusions et leurs colères. Les débuts, les coulisses du soulèvement, puis les combats, les tortures … 45 minutes de regards nouveaux sur la Syrie pour tenter d’en éclairer la situation complexe. Et les méandres d’un chemin plus que jamais incertain vers la liberté.

Un autre jour sur la plage


Un autre jour sur la plage : un moyen-métrage documentaire de 2002, réalisé par Jérémie Grabayat à Sangatte, dans le nord de la France. Déjà, dans le sable, à la pointe d’un bâton, les hommes qui restent quand les jours passent et que les bateaux partent, écrivent Kurdistan sur la plage en cherchant des yeux l’Angleterre. C’était il y a 15 ans

Un beau film, qui prend le temps de l’attente.. Et le mouvement perpétuel, les lourds cargos qui larguent les amarres, les hommes qui marchent le long des routes, les voitures qui les doublent dans le paysage des plates collines du nord, n’est semble-t-il pas près de s’arrêter. Le savait-il ? Jérémie Grabayat ménage des pauses, intègre dans ces trajectoires des photos noir et blanc, comme des respirations pour voir le vide, le vain. Mais aussi pour capter les regards et l’espoir, les sourires et les chants. Quelques paroles, des scènes de vie. Un autre jour sur la plage, un quotidien à la marge.

Sikitiko, la main du roi


Ou la saga de la main coupée … à Ostende, une enfant mène l'enquête et raconte l'histoire des Braves Ostendais, qui se mobilisent pour obtenir un pardon officiel de la Belgique au Congo pour les atrocités commises durant la colonisation. Sikitiko, une revanche pleine d’humour sur un passé colonial encore trop présent.

Un court-métrage original, drôle et décalé, un véritable pied de nez aux autorités. En 2004, un groupe de citoyens belges coupe la main d'une statue représentant des Congolais remerciant le roi Léopold II de les avoir libéré de « l'esclavage sous les Arabes ». Ils entendent rétablir la vérité, et dénoncer le régime qui coupait la main des esclaves congolais « qui ne travaillaient pas assez bien » dans les plantations d'eucalyptus. S’ensuit une saga politico-médiatique hallucinante, racontée avec ironie dans ce petit film à voir absolument ! (On vous rappelle ici que le prochain festival de cinéma de Douarnenez sera dédié aux Congos … à suivre!)