Coup de coeur

Les frontières autrement...


Et nous jetterons la mer derrière vous, a été présenté en Compétition française du Cinéma du réel en 2015 ( voir notre actu sur l’édition de cette année).

Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l'Asie centrale, on jette de l'eau derrière celui qui s'en va pour qu'il revienne en bonne santé. On les appelle, migrants, kaçak, metanastes alors qu’ils sont Aziz, Sidiqi, Housine,Younes.

Et nous jetterons la mer derrière vous leur donne la parole, des rues d’Istanbul aux camps de Lesbos. Mêlant les techniques, les voix, les routes et les exils, le film nous embarque à la rencontre de celles et ceux qui errent aux marges du monde. Le doigt sur la carte, devant les tribunaux, dans le chaos du camp ou le hasard des ruelles, ils et elles se racontent, murmurent leurs espoirs à une caméra à l’écoute de leurs rêves. Pas besoin de plus pour comprendre aussi la colère qui naît aux frontières. 
Deux des réalisatrices, Noémi Aubry et Anouck Mangeat, ont aussi réalisé Une autre montagne, un documentaire sur le quotidien de femmes en luttes en Turquie.

Hommages multiples aux femmes


On a pu depuis ce 8 mars, voir fleurir les hommages aux femmes dans les différentes sociétés...

Deux films pour parler encore et encore d'elles : A la recherche de Dawn de Christine Spencer explore la question des femmes autochtone disparues au Canada. Le film a le mérite de lever le voile sur la triste expérience des femmes autochtones candiennes et de mettre des visages sur cette tragédie nationale. Dawn Crey, Ramona Wilson et Daleen Kay Bosse ne sont que 3 des quelques centaines de femmes autochtones portées disparues ou assassinées au Canada au cours des 30 dernières années... Un dossier de Radio-Canada sur ce sujet vous emmène plus loin…

Et puis, pour se remettre au cœur de la dignité, Trois soeurs le film de l'Aborigène Magali Mc Duffie revient sur les combats pour le territoire et la culture ancestrale, menés par des femmes du Kimberley, le nord-ouste australien. Relevons la tête !

Galères de femmes


Galères de femmes est un film de Jean-Michel Carré , documentariste ô combien prolifique, ne s'étant jamais départi au fil des années d'un engagement sans faille au profit des plus « cabossés » de nos concitoyens. Son titre explicite nous embarque à Fleury-Mérogis aux côtés de sept détenues, dans la spirale infernale de leur vie en détention. La tendresse affleure cependant, la vie nous rattrape, comme tous les protagonistes des films rassemblés sur Carceropolis . Un site d'information et de ressources multimédia sur les prisons et l'univers carcéral en France. Un travail de longue haleine, qui rassemble films, reportages radiophoniques, web-documentaires et livres. Une porte entrouverte, pour regarder, écouter, lire, ceux que nous ne voyons pas.

Algérie


Le prochain Festival de cinéma de Douarnenez sera dédié aux Algériennes et Algériens. Un titre qui sous-entend déjà que l'on mette en avantl les citoyens davantage que les pères de la nation ! Une façon aussi de mettre en avant les femmes algériennes, ce qui ne maquera pas de faire plaisir à Habiba Djahnine, réalisatrice qui figure parmi les portraits de BED.

Tous ses films explorent la société algérienne dans sa complexité.
Lettre à ma sœur, le plus personnel d'entre eux, revient sur l'assassinat de Nabila Djahnine en 1995, au plus fort des années noires. Nabila était militante féminsite et travaillait auprès des femmes de Kabylie. C'est auprès d'autres militants que Habiba va s'enquérir de ce qui fait « tenir et résiter » le peuple algérien. Les témoignages, très forts, sont la trame de Avant de franchir la ligne d'horizon.

Pour aller plus loin dans cette exploration du cinéma algérien, rendez-vous est donné le 31 janvier, à 19H à l'Auditorium Georges Perros, à Douarnenez, pour une conférence de Olivier Hadouchi, historien du cinéma. Et rendez-vous cet été !

Cause Commune, de Sophie Averty


Le site Bed permet d’arpenter la filmographie sur les Rroms  en Europe, mais aussi de s’interroger sur la façon dont cette population est accueillie en Bretagne. C’est la question au cœur de Cause Commune, de Sophie Averty, réalisatrice nantaise. Celle-ci a suivi de bout-en-bout l’arrivée fin 2009, sur la commune d’Indre, en bords de Loire, de dix-huit familles roms indésirables à Nantes.

Le film revient de façon très subtile sur la manière dont les uns et les autres se sont engagés auprès de ces familles. Un engagement protéiforme : certains sont aux fourneaux, d’autres manifestent devant la Préfecture, et d’autres, dont le Maire Jean-Luc Le Drenn négocient adroitement : ce dernier a décidé d’en finir avec la politique de la « patate chaude". Sophie Averty décide elle de filmer, et de filmer aussi l’absence et le questionnement, ce qui permet d’émailler son documentaire de jolies séquences poétiques.

Un film sur l’engagement ? un film sur les Roms? Les deux à la fois, ce qui n’est pas pour nous déplaire.