Coup de coeur

Nous sommes


Nous sommes est à la fois un poème, et un manifeste. C’est un appel à se tenir debout, une exhortation chuchotée à la prise de conscience. On le doit à Kevin Papatie, réalisateur Algonquin engagé dans l’aventure du Wapikoni mobile, qui organise des formations audiovisuelles dans les communautés des Premières Nations.

Pépite militante et poétique, ces quelques minutes racontent la nécessité de défendre les terres menacées par les multinationales, l’urgence à retrouver ses racines. Tourné suite à une rencontre avec les zapatistes du Mexique, Nous sommes est aussi un appel à s’unir. A voir sur bed.bzh, une autre forme courte et murmurée de Kevin Papatie, l’Amendement, sur la dépossession de la langue des peuples autochtones. Sobres et concis, les films de Kevin Papatie sont de la colère en poésie et en images.  

Nahla


Une fois n’est pas coutume, on vous parle d’une fiction sur bed.bzh… Parce qu’elle est signée Farouk Beloufa, en portrait sur le site et disparu le mois dernier. C’est Nahla, un long-métrage unanimement reconnu comme un objet rare de cinéma, salué par les Libanais, et qui laisse une belle empreinte dans le paysage du cinéma algérien.

Farouk en parle comme d’un « supplément de liberté ». Ce film écrit entre Beyrouth, le Caire et Alger, tourné au Liban pendant la guerre, suit le chemin de Larbi, journaliste et photographe algérien qui traque la violence et cherche à comprendre ses mécanismes dans le désordre des trajectoires qui croisent sa route : celle de sa collègue Maha, celle de Hind, militante palestinienne, et de Nahla, chanteuse qui perd la voix. A la fois portrait de femmes et de ville, d’une époque, de ses doutes et de ses espoirs, Nahla est une fiction libre et directe, à voir et revoir ! 

Papiers d’arménie


Papiers d’Arménie, d’Ornella Macchia, est un court métrage animé où les collages et les techniques se superposent aux histoires entremêlées que nous raconte un marchand de fruits d’Erevan, à ses souvenirs et à ses préoccupations …

C’est ce que produit ta terre qui te constitue… et la sienne est un mélange complexe d’exode, de fuites et de retour. Né en Syrie de parents réfugiés, il vend aujourd’hui des fruits en Arménie et s’inquiète de savoir son fils combattre pour le pays. Les frontières sont mouvantes et ce court film, qui oscille entre dessin, stop-motion, collages et sable fait voguer le spectateur d’une histoire et d’une génération à l’autre au fil du récit de l’hôte qui fredonne Aznavour. Une plongée poétique dans le marché aux histoires, projetée au festival de cinéma de Douarnenez sur les Turquies, aux cotés de nombreux autres pépites du Caucase.

Où es tu, Elvira ?


Gulya Mirzoeva et Gisèle Rapp-Meichler enquêtent pour répondre à cette question : Où es tu, Elvira ? En 1971, la moitié de la classe de Gulya, au Tadjikistan, disparaît sans donner de nouvelles. Elvira, jeune écolière, a juste le temps de confier à sa camarade qu’elle part en Allemagne…

Plus de trente ans plus tard, les réalisatrices reviennent sur l’histoire de ces familles d’Allemagne de l’Est déportées en Asie Centrale en 1941. Une histoire complexe et méconnue, éclairée ici par les souvenirs d’enfance de Gulya, des images d’archives et des entretiens avec des spécialistes. Une enquête passionnante où la petite histoire familiale rencontre la grande, de Lénine à la chute du Mur, de Douchanbé à Berlin. Gulya Mirzoeva a réalisé plusieurs films, à retrouver ici. Et pour découvrir un autre aspect du Tadjikistan, regardez A travers la rivière Piandj, de Suzy Blondin, sur les changements qui bousculent le quotidien d’une vallée du Pamir.

Batzuk


Batzuk, un court documentaire réalisé par la Korrika basque, grande sœur de la Redadeg bretonne qui commence dans quelques jours. On y rencontre quatre locuteurs basques qui racontent leur rapport à l’euskara et leur chemin dans cette langue…

Rencontres avec Maika, Dani, Ander et Elena, quatre visages de la langue basque, qui enrichissent cette culture de leurs regard. Leurs voix disent l’intime et la caméra filme leur quotidien. Et ce que disent Maika et les autres fait écho. Ils et elles font partie de ceux qui « soufflent sur les braises pour entretenir la flamme, alimenter le feu de la langue ». Explorant les liens entre intime et collectif, transmission et militantisme, le film est empreint d’une poésie portée aussi par le langage des images. Et témoigne de la diversité des parcours et des trajectoires qui mènent à une langue. Laissant libre cours à la parole de ces quatres jeunes adultes, il raconte la richesse de la double-culture.