Coup de coeur

Irrintzina, le cri de la génération climat


Irrintzina, c'est le cri ancestral des bergers basques, d'une vallée à l'autre. C'est aussi un magnifique film-réquisitoire, un film-espoir, Irrintzina, le cri de la génération climat. Un film qui vous met debout ! Nous le devons à Sandra Blondel et Pascal Hennequin, de la généreuse maison de production Fokus21 et à toute une équipe de cadreurs, régisseurs, donateurs, et surtout militants du mouvement Alternatiba, né dans le pays basque. Vous avez peut-être en mémoire le tour de 5600 km à vélo, les faucheurs de chaises pour dénoncer les paradis fiscaux de BNP-Paribas, les manifestations lors de la COP 21... Derrière tous ces moments, il y a une détermination sans faille d'hommes et de femmes. Parmi eux, Txetx Etcheverry et ses tranquilles convictions, Jon Palais, mais aussi une foule de jeunes et moins jeunes, qui, dans les coulisses, font preuve d'un exceptionnel talent d'organisateurs, d'un sens du collectif à tout épreuve. Les réalisateurs, qui vont les suivre dans tous ce moments exceptionnels nous avouent tranquillement : pour la première fois, nous nous sommes sentis en transition, mais sereins, et formidablement vivants !

En cette période particulière, où tous les questionnements sur la santé de notre planète resurgissent avec acuité et gravité, prenez le temps de regarder Irrintzina et la plate-forme éponyme qui accompagne le film. Les bergers basques et nos enfants vous en seront reconnaissants.

Dreams before money


Pour faire suite au focus sur le film Mentawaï, le film réalisé par la soeur de Tahnee Juquin : Dreams before money, de Marie Juguin.
Un portrait tout en douceur et complicité, mais qui nous emmène très loin, à Siberut, dans la jungle indonésienne. Un film qui n'a pas peur d'aborder aussi les questions de passions et argent, d'engagement et de jeunesse, d'exotisme et de sincérité... Ou l'anthropologie singulière. 

Mentawaï !


Coup de cœur pour un roman graphique, Mentawai, relié à une plate-forme audiovisuelle, Mentawai Storytellers, qui abrite de courts films réalisés par des hommes et des femmes Mentawai, une population autochtone d'Indonésie, que nous gagnerions tous à connaître un peu !

Notre projet pour une fois, n'est pas de vous entraîner sur BED, mais entre les pages de ce remarquable roman graphique, dû à la seule volonté et au talent de Tahnee Juguin, initiatrice du projet, et de son complice dessinateur Jean-Denis Pendaux. Un album intitulé Mentawai, aux éditions Futuropolis. Il raconte tout le parcours de cette jeune femme partie déjà une dizaine de fois au cœur de la jungle indonésienne, au sein de cette communauté isolée. Des hommes et des femmes soucieux de transmettre leur culture traditionnelle, qui utilisent avec bon sens, semble-t-il, les apports du tourisme. Tahnee évoque avec lucidité l'enjeu que représente l'appropriation de la caméra – et du montage ! - pour ces autochtones.

Le site apporte plein de détails sur le parcours de Tahnee Juguin et sur les Mentawai , animistes, adeptes de cérémonies sikerei, nom aussi donné aux hommes-médecines, qui allient plantes médicinales et esprits reliés à la communauté.

Deux courts films y sont déjà en ligne, d'autres vont suivre, faites vos curieux !

On est ici, webdoc


Le webdocumentaire On est ici a l'originalité de rassembler sur la même plate-forme de courts portraits d'apprenants, mais aussi d'accompagnants, d'enseignants et de chercheurs. On découvre tour à tour Weijing, malaise ; Tomboui, guinéenne ; Sumeira, pakistanaise ; ou Pascal, qui affiche son illettrisme. Ils ont croisé des accompagnants sur leur chemin : à la Médiathèque ou à l'UDAF 35. Ils ont bénéficié des enseignements de Anne Marié, formée au FLE, ou de Martine et Pauline, respectivement service civique et bénévole à l'UDAF 35. Ou bien ils sont chercheurs et travaillent sur l'illettrisme comme Charlotte Velly, ou sur le vivre-ensemble à l'instar de Philippe Blanchet.

Destiné à tous ceux qui voudraient découvrir des parcours d'exilés ou d'illettrés, ce web-documentaire offre aussi quantité de ressources sur le parcours de demandeur d'asile, ce qu'est l'OFPRA, ce qu'il faut préparer pour un entretien... A croiser avec d'autres ressources.

Le réalisateur Joël Martins da Silva dit tenir de ses origines portugaises cet intérêt pour les langues... Il s'avère aussi généreux, tout au long de cette démarche.

La révolte des rêves


Alors que les feux de forêts en Australie disparaissent peu à peu de la une de nos journaux – une actualité plus brûlante, si j'ose dire, a vite fait de les chasser – le film de Vanessa Escalante, La révolte des rêves, vient à point nommé nous rappeler quelques-uns des fondamentaux aborigènes.

« Il nous faut prendre soin de la terre » répètent inlassablement femmes et hommes, dans la droite ligne de leurs ancêtres ou totems, qui depuis 40 000 ans ont habité ce territoire vaste comme 16 fois la France.
Face au projet d'enfouissement de déchets nucléaires du gouvernement, sur le site de Muckaty en Territoire du Nord, à proximité de la petite ville de Tennant Creek, il sont unanymes : « Nous savons qu'il ne faut pas le faire. Les ancêtres nous l'ont enseigné. C'est ainsi. » Les opposants au projet, annoncé en 2006, ont vu le procès se tenir en juin 2014. Longue lutte !

Comme cet activiste qui fait reculer les policemen le temps d'une cérémonie rituelle autour d'un feu, les paroles des vieilles femmes filmées par Vanessa, la scansion d'une jeune slameuse, la détermination dans le regard de quelques leaders aborigènes nous incitent à penser que ce sont eux qui détiennent la vérité. Tout simplement.

Un film nécessaire, à partager. En hommage à ces femmes et hommes de bon sens !