Coup de coeur

Nos coups de cœur sont féminins


Femmes contre Daech de Pascale Bourgaux
Femmes contre Daech de Pascale Bourgaux

A l’orée du 8 mars, journée de la femme, deux films étonnants sur le même sujet, les femmes combattantes au Kurdistan de Syrie et d’Irak. Deux films de réalisatrices qui n’ont pas froid aux yeux !

Le premier film, de Pascale Bourgaux, grand reporter à la RTBF, est accessible en intégralité sur le site de la chaîne Public Sénat et se focalise sur les femmes kurdes de la brigade YPJ qui combattent Daesh: à découvrir ici.

Le second film, sur le même sujet, est de Mylène Sauloy, dont nous avons fait le portrait sur BED.
C’est une réflexion au long cours que celle-ci nous propose, puisque les premières images tournées au Kurdistan datent de 1995, et qu’elle y est retournée à plusieurs reprises. Récemment, cet hiver, elle y revient encore, tentant de déceler dans le projet de démocratie égalitaire au Rojava, en Syrie, ce qui pourrait être un vrai germe d’espoir pour le Proche-Orient, qui , sinon, risque bel et bien l’implosion ... C’est aussi une façon pour elle de rendre hommage à Sakine Cansiz, cofondatrice du PKK, assassinée en janvier 2013 en plein cœur de Paris. Aux côtés de Ocalan, Sakine militait depuis plus de 40 ans pour une égalité hommes-femmes au sein des sociétés kurdes... gageons que d’autres voix ont pris sa relève !

Ce documentaire sera diffusé le mardi 8 mars, à 22H35 sur la chaîne ARTE. Un extrait à découvrir ici.

Juste une odeur : le talent sobre de Maher Abi Samra


A découvrir : le talent et la sensibilité du réalisateur libanais Maher Abi Samra, qui en moins de dix minutes, parvient à nous faire respirer l’odeur de la mort... Dans Juste une odeur, il opte en Juillet 2016 pour la sobriété. On est en plein conflit avec Israël, ce qu’on a appelé la guerre des 33 jours, au cœur de l’été...Noir et blanc, silences et fêlures, quand les vivants doivent rester debout au milieu des décombres. Si loin de notre société de consommation, qui refuse de garder les yeux grands ouverts.

Breiz Nevez sur Ciné-archives


Pour commencer l’année, un petit bijou de Ciné-archives, le fonds audiovisuel du PCF, qui met régulièrement en ligne des documents singuliers. Le document de 11’ s’intitule Breiz Nevez. On y entend en voix off Marcel Cachin, à l’époque sénateur et directeur de l’Humanité, nous commenter les durs travaux des pêcheurs et agriculteurs. Rien n’est oublié : ni les clochers décapités du pays bigouden, révolte des bonnets rouges oblige, ni la langue bretonne, capitale à ses yeux . Ce qui nous vaut une Internationale en breton !
Non, rien n’y manque : ni les danses folkloriques, ni les brodeurs mis en scène sur la lande ou les femmes en coiffe, « posées » dans les rochers.
Le discours de Marcel Cachin, également Président des Bretons émancipés de Paris, vaut aussi le détour : conforter le Front populaire, mais aussi défendre la culture bretonne et ses traditions... On était en 1938, à Pont-l’Abbé.

L'Afghanistan par Guillaume Bordier


Pour la première fois, hormis les extraits des films de Christophe de Ponfilly sur l’Afghanistan, parmi lesquels le très beau Massoud l'afghan, BED s’enrichit d’un magnifique film sur le quotidien à Hérat, dans l’ouest de ce pays.
L’empreinte est un film de 2008, tourné sans un sou mais avec le plus grand respect. Le réalisateur indépendant , Guillaume Bordier, a séjourné longuement dans cette petite ville, avant de retourner poser sa caméra au milieu d’un fournil, dont il avait fréquenté longuement les ouvriers boulangers auparavant.
Labeur, cadences infernales, juste place de la caméra, présence assumée du réalisateur qui n’hésite pas à rire avec ses acteurs-mitrons, le pari réussi de ce film est de nous parler d’humanité, sans pathos ni voyeurisme.

Petites merveilles de films d’animation, entre Québec et Haïti !


Une fois n’est pas coutume, nous nous intéressons à deux courts films d’animation d’une Québécoise d’origine haïtienne, Martine Chartrand. Le premier, Âme noire, maintes fois primé, nous entraîne au cœur des luttes des noirs américains, et ce voyage passe bien entendu par la musique black. Cette suite d’évocations s’impose tranquillement par le métissage des rythmes : percussions africaines, gospel, blues et jazz ... A déguster.

Le second, actuellement en tournée en Bretagne dans le cadre du Mois du Doc, mais que vous pouvez aussi découvrir en intégralité, s’intitule MacPherson et raconte l’étrange et bouleversante amitié entre le jeune chanteur Félix Leclerc, et un ingénieur-chimiste jamaïcain, qui fut son voisin et ami, dans les années 30. Pour aller plus loin dans ce beau voyage, le film de Serge Giguère, Le mystère MacPherson, revient sur les conditions de création et de réalisation de ce film d’animation. On y voit Martine Chartrand mener jour après jour ce travail de peinture mais aussi sa propre quête identitaire. Une interview du réalisateur ici, avant d’aller le traquer dans les salles de cinéma !