Coup de coeur

Les petites planètes de Vincent Moon


La musique. Encore et toujours. Ici et ailleurs. Loin, le plus souvent. C'est ce qui anime Vincent Moon, réalisateur insatiable, collectionneur amoureux des musiques du monde. Un projet gigantesque, qui le mène aux quatre coins de la planète, et notamment là, dans ce petit coin de la planète en miettes, le Caucase. Parmi ces 600 films, Kona, sur le paganisme en Ossétie du nord, et d'autres courts instants d'émotions à voir et revoir sur Bed.

Chaque fois, une pépite, une émotion unique. En filigrane, spiritualité ou révolte, espoir ou mémoire, chaque fois quelques notes du monde et de l'humanité. Du soufisme en Tchéchénie avec Le grand Jihad à l'émotion pure d'un pianiste arménien (Arménie, par la grâce de Dieu), en passant par Polikarpé, les souvenirs d'un chanteur géorgien et les musiciens d'Azerbaïjan, l'école du vent, mais aussi, parce que celui là est un voyageur infatigable, en faisant un détour par le souffle d'un sculpteur de rêves aborigène, on ressort envoûté des films de Vincent Moon, bercé par la douceur des voix, des sons et des images …

Retrouvez un article d'Erwan Larzul, critique musical, sur ce réalisateur hors pair, pour mieux découvrir son projet et son univers.

Circulez !


A l'heure où la liberté de circulation devient un privilège, retour sur la situation méconnue des Gens du Voyage en France. L'occasion de découvrir Liberté Egalité Fraternité de Caroline Parietti, un film tendre et acerbe, un jeu de rôle où Sonia, membre de cette grande tribu des Gens du Voyage, armée d'un rouleau de scotch et d'une paire de ciseaux, établit le carnet de circulation de la réalisatrice. A son aise dans le rôle de la préfète, elle fait endosser à son fils le rôle du policier et revient sur une humiliation de plus subie par la communauté des Gens du Voyage, tout en s'appliquant à recopier la devise nationale …

C'est via le Cinéma Solaire que nous avons découvert Caroline Parietti et son film. Avec Sonia, elle en a réalisé d'autres, sur la mémoire enfouie d'un camp de rétention des gens du voyage durant la seconde guerre mondiale, J'ai l'honneur de et sa suite, Les échos.

Trilogie des Balkans


Une nouvelle comme on les aime :

Aux éditions Arte vient de paraître un coffret DVD rassemblant trois documentaires de Chris Marker tournés dans les Balkans dans les années 1990. Une région dont vous pouvez retrouver les films ici, et un réalisateur important pour voir le monde autrement.

On y retrouve Le 20 heures dans les camps, tourné en 1993 dans un camp de réfugiés bosniaques en Slovénie, Casque Bleu, où l'on suit un jeune soldat français dans la Bosnie de 1995, et Un maire au Kosovo, ou l'histoire d'un chirurgien devenu ministre ...

Pour en savoir plus, un article dans le Monde écrit par (que le Monde est petit) notre spécialiste du peuple papou, Philippe Pataud Célérier !

La Trilogie des Balkans, DVD + livret, Arte Éditions, 2016, 120 minutes, 25 euros.

"J'ai appris à être une rebelle !"


Entre shampoings et bigoudis, Fati milite pour la dignité des femmes, avec son franc-parler. Elle s’interroge sur ce qui est pour elle un enjeu : « suivre modernisation et religion en même temps, pas facile ». Chez elle, les femmes viennent à la fois se coiffer et se confier. Et Fati affiche une confiance inébranlable : Oui, sa fille grandira libre, aux confins du Sahel, entre tradition et modernité... De quoi justifier le nom de son salon, qui est aussi celui du film : Fati Coiffure, la petite maison aux grandes idées.
Ce portrait est le quatrième d’une série du documentariste Didier Bergounhoux, qui vivait alors au village de Markoye. Plein d’autres pépites à découvrir sur son site.

Exit Kodachrome, restent les bretonneries...


Bretonneries pour Kodachrome

Alors que l’été pointe son nez, que les premiers touristes pointent leurs tablettes vers nos calvaires, leurs zooms japonais vers la Reine des Mouettes, le cercle folklorique, la chaumière-traditionnelle-regarde-comme-c’est-tradi ! nous ne résistons pas à cet extrait de 1974 de Bretonneries pour Kodachrome, un film de Jean-Louis Tacon. Beaucoup ont retenu de sa filmographie Cochon qui s'en dédit, une fable sur l'élevage industriel du cochon, toujours d’actualité. L’homme n’a cessé d’inventer de nouvelles façons de filmer, allez découvrir la filmographie de Jean-Louis Le Tacon, on ne s’ennuie pas.

A découvrir en intégral dans le coffret édité aux Editions Montparnasse ; ce court-métrage grinçant et drôle, peut vous donner envie de photographier à votre tour les touristes de cette saison... Bel été à vous !