Coup de coeur

"J'ai appris à être une rebelle !"


Entre shampoings et bigoudis, Fati milite pour la dignité des femmes, avec son franc-parler. Elle s’interroge sur ce qui est pour elle un enjeu : « suivre modernisation et religion en même temps, pas facile ». Chez elle, les femmes viennent à la fois se coiffer et se confier. Et Fati affiche une confiance inébranlable : Oui, sa fille grandira libre, aux confins du Sahel, entre tradition et modernité... De quoi justifier le nom de son salon, qui est aussi celui du film : Fati Coiffure, la petite maison aux grandes idées.
Ce portrait est le quatrième d’une série du documentariste Didier Bergounhoux, qui vivait alors au village de Markoye. Plein d’autres pépites à découvrir sur son site.

Exit Kodachrome, restent les bretonneries...


Bretonneries pour Kodachrome

Alors que l’été pointe son nez, que les premiers touristes pointent leurs tablettes vers nos calvaires, leurs zooms japonais vers la Reine des Mouettes, le cercle folklorique, la chaumière-traditionnelle-regarde-comme-c’est-tradi ! nous ne résistons pas à cet extrait de 1974 de Bretonneries pour Kodachrome, un film de Jean-Louis Tacon. Beaucoup ont retenu de sa filmographie Cochon qui s'en dédit, une fable sur l'élevage industriel du cochon, toujours d’actualité. L’homme n’a cessé d’inventer de nouvelles façons de filmer, allez découvrir la filmographie de Jean-Louis Le Tacon, on ne s’ennuie pas.

A découvrir en intégral dans le coffret édité aux Editions Montparnasse ; ce court-métrage grinçant et drôle, peut vous donner envie de photographier à votre tour les touristes de cette saison... Bel été à vous !

Mehdi Lallaoui, l’insatiable !


Mehdi Lallaoui, l’insatiable !
Mehdi Lallaoui, l’insatiable !

A l’occasion du 8 mai 2016, le réalisateur Mehdi Lallaoui vient de rajouter des scènes inédites au film Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945, En effet, lors du tournage de ce film en 1995, le service cinématographique des armées avait caché au réalisateur des images accusatrices pour l’armée française. Mehdi Lalloui, connu pour sa pugnacité, vient d’avoir accès à ces images, et de les insérer au film, qui entame donc une seconde vie...

Voilà de quoi aiguiser le regard de ce réalisateur atypique, boulimique et qui ne cesse de tourner pour dénoncer, ou parfois rendre hommage à des « Justes », comme il le fait dans Jacques Charby, porteur d'espoir ou dans En finir avec la guerre qui montre ces appelés en Algérie, aujourd’hui retraités, qui reversent leur pension pour reconstruire ce pays...
Belles leçons de dignité que celles que Mehdi nous offre avec encore trois autres films : Parfums de ma terre, sur les déchirements d’un pied-noir, entre OAS et fraternité ; Le manifeste des 121 revient sur le courage des hommes qui dirent non à la guerre sans nom ; enfin, Vu de l'autre côté évoque la figure de Mohammed Harbi, historien algérien de belle envergure.

Ces 5 films sont édités dans un coffret, que l’on peut se procurer en écrivant à aunomdelamemoire(at)gmail.com.

Mehdi Lallaoui, documentariste prolifique, a été tourner dans bien d’autres coins du monde, en particulier en Nouvelle-Calédonie ; retrouvez son portrait, intitulé « l’insatiable », parmi les réalisateurs croqués pour BED...

Passion cinéma en Caraïbe


Sylvaine Dampierre
Sylvaine Dampierre

Varan Caraïbe forme depuis 2010 des réalisateurs caribéens, porteurs d’un nouveau regard sur les réalités et les transformations insulaires. Prenez-le temps d’aller fureter sur leur plate-forme, passionnante.

Les trois films qui suivent sont tous issus de la formation récemment menée en Guadeloupe. A défaut d’arpenter cette île, explorez son quotidien avec Rue Vatable de Mélissa Issorat, qui nous emmène dans une rue de Pointe-à-Pitre ; Amour béni de Kra Kouassi, portrait sensible de Benjy, père au foyer et Black Kiss de Mariette Montpierre, ou la passion de Bruno, marin-pêcheur, à la carrière contrariée par les sargasses, le scandale du chlordécone, et à qui on ne parle que de reconversion...

Cette formation Varan Caraïbe nous avait déjà offert de belles pépites lors d’une session en Guadeloupe, initiée par la réalisatrice Sylvaine Dampierre, dont nous admirons toujours le très beau Le pays à l'envers. A se procurer en DVD si la Guadeloupe vous est chère...

Les mots de Sylvaine Dampierre pour décrire son rapport au monde et au cinéma sont à relire dans son portrait sur BED, intitulé L'arpenteuse...

Le rapporteur d’images


Rapporteur d'images
Le rapporteur d'images - Nicolas Jouvin

Un merveilleux film de Nicolas Jouvin, à découvrir en intégralité sur Bed.
Nicolas, caméraman expérimenté, rencontre à la grande Comore Damed, réalisateur amateur, qui filme toute l’actualité de son île, avec les moyens du bord. Lorsque ce dernier montre ses images à Nicolas, celui-ci est subjugué. Damed, ne disposant pas de banc de montage, anticipe tout les plans et s’avère un génial bricoleur-filmeur, intuitif et talentueux.
Nicolas s’interroge à partir des images de l’ami comorien sur son propre métier de réalisateur. Il retourne filmer Damed, puis se bat pour qu’il obtienne un visa pour la France.
Récemment, tous deux ont convaincu l’INA de numériser tout ce fonds comorien, véritable mémoire de cette île.
L’histoire continue et Damed filme aujourd’hui les mariages de sa communauté exilée.