Coup de coeur

Regards d'Afrique


Le rédacteur en chef de la revue Africultures, Olivier Barlet vient, suite au Festival du court-métrage de Clermont Ferrand, de signer deux articles passionnants liés à la section regards d’Afrique, qui existe depuis 28 ans au sein de ce festival.  Le premier, intitulé L’intelligence des femmes, revient sur la figure de la femme dans cette sélection. Il cite entre autres films Théâtre urbain de Bob Nelson Makengo, que nous avons intégré sur bed, pour parler de la République démocratique du Congo. Dans le deuxième article, Olivier Barlet revient sur la façon dont nous filmons les migrants.  Intitulé Pour une inversion du regard sur les migrants, son article évoque, au prisme des court-métrages présentés, le migrant boomerang du colonisé, la violence faca à la mondialisation, la valorisation de l’identité de l’autre - mais aussi la difficulté de l’accueillir sans le réduire à la similitude, il faut accepter l’intrus qui est en nous, dit le philosophe Jean-Luc Nancy. 

Enfin, reconnaître en l’autre la part d’opacité que l’on ne peut pas comprendre, C’est cette double reconnaissance qui fonde la solidarité, nous dit-il. A nos écrans ! 

Les frontières autrement...


Et nous jetterons la mer derrière vous, a été présenté en Compétition française du Cinéma du réel en 2015 ( voir notre actu sur l’édition de cette année).

Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l'Asie centrale, on jette de l'eau derrière celui qui s'en va pour qu'il revienne en bonne santé. On les appelle, migrants, kaçak, metanastes alors qu’ils sont Aziz, Sidiqi, Housine,Younes.

Et nous jetterons la mer derrière vous leur donne la parole, des rues d’Istanbul aux camps de Lesbos. Mêlant les techniques, les voix, les routes et les exils, le film nous embarque à la rencontre de celles et ceux qui errent aux marges du monde. Le doigt sur la carte, devant les tribunaux, dans le chaos du camp ou le hasard des ruelles, ils et elles se racontent, murmurent leurs espoirs à une caméra à l’écoute de leurs rêves. Pas besoin de plus pour comprendre aussi la colère qui naît aux frontières. 
Deux des réalisatrices, Noémi Aubry et Anouck Mangeat, ont aussi réalisé Une autre montagne, un documentaire sur le quotidien de femmes en luttes en Turquie.

Hommages multiples aux femmes


On a pu depuis ce 8 mars, voir fleurir les hommages aux femmes dans les différentes sociétés...

Deux films pour parler encore et encore d'elles : A la recherche de Dawn de Christine Spencer explore la question des femmes autochtone disparues au Canada. Le film a le mérite de lever le voile sur la triste expérience des femmes autochtones candiennes et de mettre des visages sur cette tragédie nationale. Dawn Crey, Ramona Wilson et Daleen Kay Bosse ne sont que 3 des quelques centaines de femmes autochtones portées disparues ou assassinées au Canada au cours des 30 dernières années... Un dossier de Radio-Canada sur ce sujet vous emmène plus loin…

Et puis, pour se remettre au cœur de la dignité, Trois soeurs le film de l'Aborigène Magali Mc Duffie revient sur les combats pour le territoire et la culture ancestrale, menés par des femmes du Kimberley, le nord-ouste australien. Relevons la tête !

Galères de femmes


Galères de femmes est un film de Jean-Michel Carré , documentariste ô combien prolifique, ne s'étant jamais départi au fil des années d'un engagement sans faille au profit des plus « cabossés » de nos concitoyens. Son titre explicite nous embarque à Fleury-Mérogis aux côtés de sept détenues, dans la spirale infernale de leur vie en détention. La tendresse affleure cependant, la vie nous rattrape, comme tous les protagonistes des films rassemblés sur Carceropolis . Un site d'information et de ressources multimédia sur les prisons et l'univers carcéral en France. Un travail de longue haleine, qui rassemble films, reportages radiophoniques, web-documentaires et livres. Une porte entrouverte, pour regarder, écouter, lire, ceux que nous ne voyons pas.

Algérie


Le prochain Festival de cinéma de Douarnenez sera dédié aux Algériennes et Algériens. Un titre qui sous-entend déjà que l'on mette en avantl les citoyens davantage que les pères de la nation ! Une façon aussi de mettre en avant les femmes algériennes, ce qui ne maquera pas de faire plaisir à Habiba Djahnine, réalisatrice qui figure parmi les portraits de BED.

Tous ses films explorent la société algérienne dans sa complexité.
Lettre à ma sœur, le plus personnel d'entre eux, revient sur l'assassinat de Nabila Djahnine en 1995, au plus fort des années noires. Nabila était militante féminsite et travaillait auprès des femmes de Kabylie. C'est auprès d'autres militants que Habiba va s'enquérir de ce qui fait « tenir et résiter » le peuple algérien. Les témoignages, très forts, sont la trame de Avant de franchir la ligne d'horizon.

Pour aller plus loin dans cette exploration du cinéma algérien, rendez-vous est donné le 31 janvier, à 19H à l'Auditorium Georges Perros, à Douarnenez, pour une conférence de Olivier Hadouchi, historien du cinéma. Et rendez-vous cet été !