Coup de coeur

La rivière-frontière


bed.bzh, on aime faire partager les pépites qui nous racontent des endroits du monde perchés dans l’oubli, et dont les noms nous invitent à la découverte … C’est le cas du documentaire A travers la rivière Piandj, de Suzy Blondin. Un film de fin d’études réalisé à l’hiver 2015, et qui explore les enjeux de cette frontière naturelle entre Afghanistan et Tadjikistan.

Une région autrefois carrefour de la route de la soie, au centre du commerce, mais aussi des conflits. À Ichkachim, dans les montagnes du Pamir, la réalisatrice nous embarque dans le quotidien d’un village qui s’adapte tant bien que mal aux soubresauts de la grande Histoire qui malmène la vallée, aux changements climatiques et aux défis de la modernité. Une plongée dans les paysages froids et la chaleur des foyers, une découverte étonnée des coutumes et des traditions … Une ambiance que l’on quitte à regrets, un documentaire qui nous éclaire sur les enjeux d’une frontière méconnue. 

Le chemin de la liberté


Le chemin de la liberté : un documentaire édifiant sur la révolution syrienne expliquée par des militants de la première heure. Des images, et leurs visages qui racontent le début, l’espoir. Les peurs, les attaques, les désillusions … Prendre le temps du témoignage et de la rencontre avec cette jeunesse syrienne pour mieux comprendre les enjeux actuels.

Trois jeunes militants racontent, expliquent et décortiquent les événements de la révolution syrienne et son glissement vers la guerre. Livrent leurs espérances et leurs angoisses, leurs désillusions et leurs colères. Les débuts, les coulisses du soulèvement, puis les combats, les tortures … 45 minutes de regards nouveaux sur la Syrie pour tenter d’en éclairer la situation complexe. Et les méandres d’un chemin plus que jamais incertain vers la liberté.

Un autre jour sur la plage


Un autre jour sur la plage : un moyen-métrage documentaire de 2002, réalisé par Jérémie Grabayat à Sangatte, dans le nord de la France. Déjà, dans le sable, à la pointe d’un bâton, les hommes qui restent quand les jours passent et que les bateaux partent, écrivent Kurdistan sur la plage en cherchant des yeux l’Angleterre. C’était il y a 15 ans

Un beau film, qui prend le temps de l’attente.. Et le mouvement perpétuel, les lourds cargos qui larguent les amarres, les hommes qui marchent le long des routes, les voitures qui les doublent dans le paysage des plates collines du nord, n’est semble-t-il pas près de s’arrêter. Le savait-il ? Jérémie Grabayat ménage des pauses, intègre dans ces trajectoires des photos noir et blanc, comme des respirations pour voir le vide, le vain. Mais aussi pour capter les regards et l’espoir, les sourires et les chants. Quelques paroles, des scènes de vie. Un autre jour sur la plage, un quotidien à la marge.

Sikitiko, la main du roi


Ou la saga de la main coupée … à Ostende, une enfant mène l'enquête et raconte l'histoire des Braves Ostendais, qui se mobilisent pour obtenir un pardon officiel de la Belgique au Congo pour les atrocités commises durant la colonisation. Sikitiko, une revanche pleine d’humour sur un passé colonial encore trop présent.

Un court-métrage original, drôle et décalé, un véritable pied de nez aux autorités. En 2004, un groupe de citoyens belges coupe la main d'une statue représentant des Congolais remerciant le roi Léopold II de les avoir libéré de « l'esclavage sous les Arabes ». Ils entendent rétablir la vérité, et dénoncer le régime qui coupait la main des esclaves congolais « qui ne travaillaient pas assez bien » dans les plantations d'eucalyptus. S’ensuit une saga politico-médiatique hallucinante, racontée avec ironie dans ce petit film à voir absolument ! (On vous rappelle ici que le prochain festival de cinéma de Douarnenez sera dédié aux Congos … à suivre!)

à la main


On oublie souvent la main du cinéaste quand on regarde un film. On y pense forcément davantage devant un film d'animation. Et face à Migration, de Sylvaine Jenny, vous n'aurez plus le choix. Une mère et sa fille fuient la guerre et les bombes. Marchent, tombent et se relèvent sous la main de la dessinatrice.

La frénésie du dessin est à couper le souffle. Le suspens installé par la musique et les coups de crayons saccadés tiennent le spectateur en haleine. Et laissent flotter l'inconfortable question de cette main en mouvement, responsable à la fois du sang et des sourires, du naufrage et de la plage. Un véritable « dessin animé » très loin des contes de fées, qui interpelle, dénonce et questionne. Tout comme Miniyamba, de Luc Perez : des traits de pastels, de plus en plus sombres au fur et à mesure que le périple des deux personnages approche des rives de l'Europe … au loin des lumières brillent. D'autres documentaires animés sur l'exil et la migration : Then I came by boat, souvenirs d'un exilé vietnamien, et Al Hurriya, rencontre entre une Calaisienne et ses voisins.