Coup de coeur

Il y a 30 ans, au festival


Il y a 30 ans sur la place du festival de cinéma de Douarnenez, qui commence dans un mois, on fêtait le Pays Basque, ses multiples visages, ses blessures et son cinéma.

Sur bed.bzh, vingt films (courts-métrages, longs documentaires) s’attachent à valoriser la vitalité de ce cinéma qui invente toujours, questionne l’attachement à la langue et au territoire, mêle la musique, le théâtre et le dessin, expérimente – à l’image comme ailleurs. Retrouvez notamment le documentaire Dans leur jeunesse il y a du passé, d’Elsa Oliarj-Inès, où celles et ceux qui pourraient être les enfants du festival racontent leurs liens au pays : une belle trentaine !

Mon Village


Un coup de coeur, court et puissant. c’est Va c’hêriadenn, d’Alyson Cléret, une adaptation libre d’un poème d’Anjela Duval, poétesse et paysanne bretonne.

Des plans longs et fixes, des panoramiques flous et une voix, grave, racontant le village. Trois minutes de poésie pure, qui évoquent à la fois la blessure de la perte de la langue et celle des ronces épineuses sur les ruines. L’exode rural, la mémoire des pierres et la vie en friche : les images répondent aux mots de la poétesse, questionnent le hameau. Un poème à regarder. Qui résonne avec La parole assassinée, de la même réalisatrice, toujours sur la langue

Des nouvelles du Liban


Il y a sur bed.bzh quelques films qui racontent le Liban. Ceux notamment de Rania Stephan, mais aussi de Tahani Rached et de Maher Abi Samra, invités de l’édition 2008 du festival de Douarnenez consacrée au Liban, il y a dix ans.

Des court-métrages souvent tournés dans l’urgence, qui font écho au petit film animé de Lena Merhej, Dessiner la guerre (2002). Une suite de moments quotidiens, d’objets de tous les jours, de souvenirs d’enfance. Et les questionnements de la réalisatrice sur ce passé-page blanche, qu’il faut remplir pour éviter que ça ne recommence. Un écho douloureux aux courts-métrages Juste une odeur, ou Liban/Guerre, tournés quatre ans plus tard au cœur d’un nouveau conflit.  

Los desnudos


Los desnudos, court-métrage de Clarisse Hahn, fait partie de la série Notre corps est une arme, dont tous les films figurent aujourd'hui sur bed.bzh. Aux côtés de Prisons et de Gerilla, il pose un regard attentif sur la place du corps dans les révoltes et les luttes.

Et nous emmène au Mexique, où les paysans sans terre manifestent. Poing levé, visage masqué et slogans en guise de cache-sexe. Car ils et elles manifestent nus. Les femmes en tête de cortège, font face à la police et réclament la restitution de leurs terrains volés dans le plus simple appareil. Dépouillés mais fiers, les paysans sans terre défilent dans les rues en envoyant un signal fort au gouvernement : « notre peau est la seule chose qu'on ne peut pas nous enlever ». Rencontre avec une revendication pacifique...

Nous sommes


Nous sommes est à la fois un poème, et un manifeste. C’est un appel à se tenir debout, une exhortation chuchotée à la prise de conscience. On le doit à Kevin Papatie, réalisateur Algonquin engagé dans l’aventure du Wapikoni mobile, qui organise des formations audiovisuelles dans les communautés des Premières Nations.

Pépite militante et poétique, ces quelques minutes racontent la nécessité de défendre les terres menacées par les multinationales, l’urgence à retrouver ses racines. Tourné suite à une rencontre avec les zapatistes du Mexique, Nous sommes est aussi un appel à s’unir. A voir sur bed.bzh, une autre forme courte et murmurée de Kevin Papatie, l’Amendement, sur la dépossession de la langue des peuples autochtones. Sobres et concis, les films de Kevin Papatie sont de la colère en poésie et en images.