Coup de coeur

KOSOVO


À l'heure où la Catalogne revendique son indépendance, direction le Kosovo, à la rencontre de Fatmireh, jeune citoyenne filmée par Fulvia Alberti dans le cadre d'une série « Portraits d'Européens ».

Un portrait tendre de cette jeune fille aux idées fortes, qui, après la guerre, s'est mise à rêver, et qui aujourd'hui s'apprête à partir étudier à l'étranger pour mieux revenir œuvrer à la réconciliation et à la paix. Une histoire de transitions, donc. De passage à l'âge adulte, de convictions, de famille. Petit à petit, on découvre Fatmireh nominée pour le prix Nobel de la paix, s'exprimant à Genève sur les 3500 disparus qu'a fait la guerre, évoquant le rêve de son frère et de sa sœur dont elle se fait l'héritière… Le rêve d'un pays plus jeune qu'elle qui se construit sur des ruines. Pour Fatmireh comme pour le Kosovo, c'est l'heure d'une difficile indépendance.

Mon Lapin Bleu


Mon lapin bleu, c'est le surnom que vous donnerait Yvonne si vous vous accoudiez à son comptoir. C'est aussi le titre du documentaire que Gérard Alle consacre à cette patronne de bar pas comme les autres. 

Au bord du monde, dans le pays bigouden. Au bord d'une route, un carrefour. Dans un bar anonyme, derrière son comptoir bas, Yvonne essuie les verres, les larmes et les tempêtes. Elle est née là, il y a quatre vingts ans. Puis elle a pris le large et est revenue jeter l'ancre dans cette maison, qui ne se  distingue en rien des autres. Pourtant, si vous en poussez la porte, il y a fort à parier que vous en ressortirez heureux. Loin de la mélancolie, on sort aussi revigoré par la force de ce documentaire, par la philosophie de vivre d'Yvonne et la chaleur humaine qui émane de son petit bistrot … Un tendre réquisitoire ou hommage à toutes les patronnes de bistrot de ce pays.

Nulle part en France


Nulle part en France. Une zone frontalière, face à la mer, un entre-deux. À la marge. Ce n'est pas un reportage, pas un documentaire non plus. C'est un film militant et poétique, qui mêle rage et tendresse. Réalisé par Yolande Moreau en 2016, il reste terriblement d'actualité.

La caméra de Yolande Moreau filme le camp de Calais avec retenue, nous emmène sous les tentes, dans la boue, le long des routes et capte les colères, les témoignages et les désespoirs de ces hommes et de ces femmes révoltés de leurs conditions, fatigués de l'attente …

La dignité et la rage. Les mots du poète Laurent Gaudé, lus par la réalisatrice, donnent aux images profondeur et universalité. Un court film comme un poème dont on ne ressort pas indemne.

Ax, Toprak, la Terre


L'édition du Festival consacrée aux peuples de Turquie, a marqué le début de la collaboration de bed.bzh et Kedistan. Une belle rencontre, que l’on célèbre aujourd’hui en mettant en ligne un beau film : Ax, Toprak, the Land, la TerreLe premier documentaire de Kazım Öz, lui aussi à Douarnenez en 2016, et qui s’était prêté au jeu de l’interview dans notre petite caravane.

Venu déjà en 2003 à l’occasion de l’édition sur le Kurdistan, il avait fait du chemin, déroulé de la pellicule, et bouclait Zer, son dernier film, censuré. Comme tous les autres, ou presque. Celui là, Ax, lui a même valu un procès. On vous laisse découvrir ce vieil homme, dernier habitant d’un village menacé d’évacuation. On vous laisse découvrir son combat quotidien, ses douleurs, ses souvenirs, ses révoltes. Les humiliations, les trahisons et les déportations. Sinon, on vous raconterait tout, et on le ferait moins bien que la caméra de Kazım Öz, affûtée comme un couteau qu’on remue dans la plaie. Tendre aussi, comme un baume pour tenter de cicatriser l’actualité. Beau, douloureux, révoltant.

Les Rebelles de la Vallée


De peur que les "marronniers" sur le prix des cartables ne dissipent pour un moment  des questions d'actualité et pour mettre en avant la nouvelle rubrique Migrations nous vous proposons de visionner Les Rebelles de la Vallée. Direction la Vallée de la Roya, près de la frontière italienne, avec ce documentaire de la BBC qui se focalise sur Cédric Herrou. Ce paysan a fait plusieurs fois l’actualité ces derniers mois, suite à plusieurs condamnations pour avoir hébergé des migrants.

Cette frontière franco-italienne est un endroit stratégique, un point de passage pour tous ceux qui veulent gagner Calais et l’Angleterre. Ceux qui échouent à la traverser recommencent parfois des dizaines de fois. Les habitants de la vallée font face, tant bien que mal, à cette situation qui les dépassent. Et s'organisent, malgré la pression des autorités. Une solidarité naturelle, face à un sentiment de déshumanisation des migrants, pour aider ceux qui cherchent à fuir la misère et la guerre.

N’oubliez pas d’activer les sous-titres pour profiter de cette bonne grosse dose d’humanité.